À Prévilé, une localité de la troisième section communale de Haute-Guinaudé, dans le département de la Grand’Anse, Vetha Charles mène depuis plusieurs années un combat silencieux contre la précarité et le handicap.
Âgée de 61 ans et mère de neuf enfants dont cinq garçons et quatre filles, elle vivait auparavant à Port-au-Prince. En 2023, la détérioration de ses conditions de vie l’a contrainte à retourner dans sa communauté d’origine. Ses enfants étant dispersés dans différentes régions du pays, elle ne peut pas toujours compter sur leur présence ni sur une assistance régulière.
Vetha est confrontée à une déficience motrice qui affecte sa jambe gauche et limite considérablement ses déplacements. Incapable de marcher seule, elle passe une grande partie de ses journées immobilisée sur un lit, dans une habitation particulièrement précaire. Le sol de la maison n’est pas aménagé et, pour quitter son lit ou se déplacer, elle doit obligatoirement solliciter l’aide d’une autre personne.
Dans ce contexte de grande vulnérabilité, son intégration au Projet de promotion de l’inclusion productive des personnes handicapées (PROPIPED) représente une source essentielle de soutien et d’espoir.
Un transfert monétaire qui répond à des besoins essentiels
Grâce au PROPIPED, Vetha bénéficie d’un transfert monétaire mensuel pendant neuf mois. Cette assistance lui permet principalement d’acheter de la nourriture et de se procurer certains articles indispensables à sa vie quotidienne.
Pour une personne privée de revenus réguliers et fortement limitée dans ses déplacements, ce transfert représente bien davantage qu’une simple aide financière. Il lui offre la possibilité de satisfaire certains besoins fondamentaux, de réduire sa dépendance envers son entourage et de retrouver une part de son autonomie.
« L’argent me permet d’acheter de la nourriture et quelques articles dont j’ai besoin », explique-t-elle avec reconnaissance.
Cette intervention contribue également à atténuer la pression économique exercée sur sa famille et sur les personnes qui l’accompagnent quotidiennement. Elle constitue ainsi un véritable filet de protection face à l’extrême vulnérabilité.
La reconnaissance, premier pas vers l’inclusion
Au-delà de l’appui matériel, Vetha se réjouit surtout d’avoir été identifiée au travers du Système d’information du Ministère des Affaires Sociales et du Travail (SIMAST) et prise en considération par les pouvoirs publics.
« Je remercie l’État d’avoir réussi à me voir jusque dans l’endroit où je vis », confie-t-elle.
Cette déclaration traduit une réalité fondamentale : les personnes handicapées vivant dans les communautés isolées ont souvent le sentiment d’être invisibles et oubliées. En allant à leur rencontre, le PROPIPED leur apporte non seulement une assistance financière, mais également une reconnaissance sociale et institutionnelle.
L’histoire de Vetha montre que les transferts monétaires peuvent jouer un rôle déterminant dans la protection des personnes handicapées. Ils permettent de répondre aux besoins les plus urgents tout en créant les conditions nécessaires à leur inclusion sociale et économique.
Derrière chaque handicap, une histoire
Le parcours de Vetha rappelle que derrière chaque handicap se trouve une histoire personnelle, familiale et sociale. Il révèle aussi une souffrance qui, trop souvent, est vécue loin des regards et portée en silence.
À travers ses interventions, le PROPIPED contribue à rendre visibles ces réalités et à restaurer la dignité des personnes concernées. En associant les transferts monétaires à des actions d’accompagnement, de renforcement des capacités et d’inclusion productive, le projet ouvre progressivement la voie vers une plus grande autonomie.
L’expérience de Vetha confirme ainsi que la protection sociale ne se limite pas au versement d’une somme d’argent. Elle consiste également à reconnaître la dignité de chaque personne, à réduire les inégalités et à donner aux populations les plus vulnérables les moyens d’envisager l’avenir avec davantage d’espoir.
« Chaque personne handicapée porte une histoire derrière son handicap, ainsi qu’une souffrance qu’elle endure souvent en silence. »
L’intervention du PROPIPED auprès de Vetha constitue donc une avancée concrète vers une société plus solidaire et inclusive, dans laquelle le handicap ne doit plus être synonyme d’abandon, d’exclusion ou d’invisibilité.


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